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Blogmestre

Dur ! Dur ! C'est dur d'être bé... Bé ? Oui, bé vous dis-je.

30 Octobre 2008, 00:31am

Publié par JLB

Bés, effectivement nous le sommes au regard de ce qui se passe devant nos yeux ébahis. Ainsi durs sont les temps d'aujourd'hui.

Dur, pour celui qui orientait jusqu'au mois dernier l'économie mondiale du haut de sa superbe, d'avouer en public qu'il s'est trompé et, qui plus est, depuis bientôt 40 ans !

Dur, pour l'ex-patron de Lehmann Brothers de justifier devant ses juges le bien fondé des siècles de salaires que celui-ci s'était octroyé ces derniers temps.

Dur, pour les Banquiers de s'apercevoir que leurs auras ont disparu alors qu'ils ont été surpris en train de jouer au Loto ou à qui perd gagne (Ce que le commun des mortels sait faire gratuitement, lui) au lieu de faire le métier pour lequel ils sont grassement payés.

Dur, pour les Industriels qui se battent encore sur le terrain de l'économie réelle de voir les Financiers jouer en bourse comme dans un grand casino*, utiliser leurs réserves à miser sur une économie virtuelle et se faire bêtement arnaquer par des grigous.

Dur, pour tous les économistes de prononcer un seul mot sensé sur le sort de l'économie mondiale, alors que précédemment ils employaient des termes abscons (non, anglo-saxons) comme de vulgaires Diafoirus des temps modernes pour mieux nous faire avaler la pilule de la pensée unique. Pourtant, le vulgum pecus connaît déjà le scénario par cœur, car il l'a maintes fois vu et revu à la télévision. En effet, c'est celui du Vil Coyote (Trader) qui poursuit inlassablement le Bip-Bip (gain miraculeux difficile à saisir) à l'aide d'outils ultra sophistiqués et au demeurant parfaitement bien estampillés.

Immanquablement, après une longue chasse obstinée le Trader à la poursuite du gain maximal et furtif se trouve à pédaler au-dessus du vide (période des Subprimes). A un moment il a un long doute sur la stabilité de sa position (en réalité pendant un an). Puis, il chute irrémédiablement sans percevoir le fond de l'abîme (le marché est toujours à la recherche des « Fondamentaux »). Dans sa chute, il peut certes rebondir sur un arbre accroché miraculeusement à la paroi rocheuse qui le renvoie (rebond inexplicable de la bourse) sur un piton rocheux qui, malencontreusement sur sa trajectoire, ne manque pas de précipiter sa chute aussi chaotique que douloureuse. A la fin du cycle, il s'écrase au fond du canyon (les fameux « Fondamentaux » tant recherchés) en s'enfonçant bien profondément (les vrais « Fondamentaux » ne sont peut-être pas ceux attendus).

Certes, il reste un espoir car au bout d'un certain temps le Vil Coyote se relève tout mâché. Encore tout groggy, il ne pense malgré tout qu'à une seule chose : reprendre le scénario à l'identique... Une sorte de mouvement perpétuel.

Dur, pour les banques qui se sont aventurées benoîtement sur des zones de noman's land minées. Elles sont en difficulté, voire en faillite, les unes après les autres. Espérons que ce ne soit pas le scénario de la réaction en chaîne. Cette réaction dans les années 60 était visuellement expliquée comme suit : une salle garnie de tapettes à souris armées de balle de ping pong (junk bond). Un expérimentateur lançait alors une balle de ping pong au milieu de cette salle... Ambiance explosive garantie.

Dur, pour les spéculateurs de voir que les Industriels savent aussi bien jouer qu'eux à qui perd gagne. Ainsi Volkswagen est devenue ponctuellement le 28 octobre 2008 la plus grande entité capitalistique mondiale suite à une mise inattendue de Porsche**, prenant à contre-pied tous les Traders de la Planète qui, au vu des difficultés du secteur automobile, avaient comme un seul homme misés sur une baisse du titre plus que probable... Tel est pris qui croyait prendre.

Dur, pour les indices de cotations. Le CAC ne veut actuellement plus rien dire ; aussi certains titres devraient-ils en sortir et d'autres y entrer. Le Dax a dû changer en urgence l'influence du titre Volkswagen qui a flambé ces deux derniers jours, mettant dans la foulée au tapis quelques banques qui continuent à jouer en bourse malgré leur incompétence notoire et malgré le fait qu'elles certifient le contraire. Bref, les thermomètres sont en surchauffe, il faut donc en changer au cas où cela pourrait avoir une quelconque influence sur l'évolution de la température.

Dur, pour les Gouvernants de s'être fait berner, surtout au vu et au su de nous tous, par les grands banquiers qui sont allés fêter dans des endroits coquets la bonne farce qu'ils venaient de leur jouer.

Dur, pour notre cher Président de mettre en prison rapidement des individus qui avaient eu suffisamment d'audace et de talent pour détourner quelques €uros de son compte bancaire, alors qu'il doit, par esprit de corps, maintenir en place des Prédateurs de haut vol qui ont dû lui faire amicalement perdre quelques millions d'€uros en bourse...

Dur, pour le Gouvernement pris en flagrant délit de mensonge en disant :

-         d'une part, que les épargnants ne seraient en rien touchés par les frasques de la Caisse d'Epargne et le fait que la Caisse des Dépôts et Consignations ait été contrainte de miser 2 milliards d'€uros pour sauver Dexia ;

-         d'autre part, que le taux du Livret A serait révisé à la baisse dès Février 2009.

Les Français ont la mémoire très courte, mais quand même, il faudrait arrêter de les prendre en permanence pour des imbéciles ou des demeurés.

Dur, pour le commun des mortels de voir enfin dévoilés les salaires astronomiques engrangés par des « Managers » totalement irresponsables, incompétents et ne maîtrisant en rien les processus qu'ils ont eux-mêmes mis en place tels des apprentis sorciers, alors qu'on exige de lui d'être ultra performant pour un salaire dérisoire sous prétexte de compétitivité et de mondialisation...

Dur, et même très dur, pour les nouveaux SDF, ex-précaires, qui, en purs produits de ce monde en crise élaboré par et pour des individus caractérisés par leur avidité et leur cynisme, garnissent nos villes à l'approche de l'hiver.

Je terminerai cette liste non exhaustive par un îlot de tranquillité dans cet océan de difficultés. En effet, cela ne semble pas plus dur que d'habitude pour les Fonctionnaires ; du moins, tant que l'Etat reste en mesure de les payer. Pourvu que cela dure !

Cordialement

Le Blogmestre

P. S. : Maintenant que la crise actuelle nous montre à l'évidence que nous sommes à peu près tous au même niveau en matière de compréhension et de maîtrise de la bourse, je vous invite à réviser ou à apprendre ses mécanismes "fondamentaux" sur cet excellent blog de notre plateforme favorite.


* Un petit rappel : « casino » veut dire en italien « bordel ». Ainsi dit, nous comprenons mieux la situation.


** Monsieur Porsche était autrefois un ingénieur de Volkswagen

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